Entretien avec le Général Marc Watin-Augouard — Fondateur du FIC (43 min)
Autour de : Naissance du FIC — Forum International de la Cybersécurité (2007)
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Résumé
Première édition du FIC à Lille, fondé par le Général Marc Watin-Augouard sous l'autorité de Thierry Breton. Le FIC deviendra le plus grand forum européen de cybersécurité.
Acteurs
- Général Marc Watin-Augouard Fondateur du FIC, Gendarmerie nationale
- Thierry Breton Ministre de l'Économie 2005-2007, tutelle initiale
- Dominique de Villepin Premier ministre 2005-2007
- Nicolas Sarkozy Président 2007-2012, soutien politique
- Jean-Yves Le Drian Ministre, soutien ultérieur
- Pierre Lasbordes Député, rapport pionnier sur la sécurité numérique
Transcription
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Bonjour Marc, bonjour, comment ça va ? Très bien, très très bien. Je suis très content que vous soyez parmi nous aujourd'hui. Pour rappel, on va parler du podcast sur l'histoire de la cyber française et qui dit histoire de la cyber sécurité française. Il y a un sujet que j'imagine énormément d'auditeurs voudraient à en avoir l'histoire, c'est le FIC, qui est aujourd'hui incontournable. Et avant de commencer dans le vif du sujet, j'aimerais vous interviewer. J'ai préparé une petite question et je voudrais tout simplement que vous puissiez vous présenter brièvement et nous donner votre parcours.
Pourquoi le FIC, pourquoi vous ? Ah bah pourquoi moi ? J'ai fait une carrière essentiellement dans la gendarmerie nationale puisque je suis rentré, j'avais 22 ans, je l'ai quitté, j'en avais un peu plus de 60. Et donc dans cette gendarmerie nationale, j'ai exercé toutes les fonctions territoriales jusqu'à l'éflon, ce qu'on appelle la zone de défense, donc toute la région nord de la France, et c'est vrai que j'ai aussi alterné des fonctions de communication, des fonctions d'état majeur. Je m'étais deux fois conseillé de ministre de l'Intérieur, donc sur les questions de sécurité.
Et voilà, donc une formation plutôt scientifique, mais ayant bifurqué plutôt vers le droit, puisque j'enseignais le droit et je l'enseigne toujours dans un monde d'université, grande école. Donc voilà, si vous voulez, une carrière pas très originale, mais en même temps assez diversifiée et qui, à un moment donné, va m'amener à rencontrer des personnes qui vont m'orienter vers le côté. Alors on l'appelle cyber aujourd'hui, à l'époque, c'était pas encore tout à fait cyber, mais quand en 90, j'étais chargé d'animer un groupe de travail sur la prospective, que sera la société dans quelques années.
Déjà, les questions numériques étaient inscrites dans notre réflexion, même si on n'était pas encore à l'époque des réseaux sociaux, du web, des moteurs de recherche. Mais déjà, on pensait à ces questions-là, voilà. Et donc, assez rapidement, quand je suis arrivé au cabinet du ministre de l'Intérieur, en 2002, tout ce passé, si je peux dire, m'a servi pour répondre aux attentes qu'était celles du ministre à l'époque. La première, c'était la France devait ratifier le traité, la convention de Budapest, c'est-à-dire la première convention contraignante du Conseil de l'Europe sur la cyberchimilité, donc il a fallu qu'en tant que conseiller du ministre, bien, je porte pour le ministère cette ratification.
Et puis, par la suite, j'ai glissé sur un autre gomme de travail que le ministre a voulu placer sous l'autorité, si je peux dire, de Thierry Breton, qui était à l'époque patron de France Télécom. Et en gros, la question qui nous a été posée, c'est la cyberchimilité, c'est quoi aujourd'hui ? Est-ce que c'est vraiment une question ou est-ce que c'est une vue de l'esprit pour certains GIC ou personnes qui pensent que c'est une voie d'avenir uniquement pour préserver leur propre, comment dirais-je, leur propre voie de gare, non pas de garage, mais leur voie d'épanouissement professionnel ?
— Donc c'est vers 2002 où les questions de cyber-sécurité, vous estimez qu'elles étaient vraiment portées en France, enfin on se questionnait déjà là, on avait... — Alors je veux dire très franchement qu'elles ont été portées avant, bien avant. Vous savez, c'est toute la difficulté de faire la distinction entre le commencement et l'origine. Quand vous êtes sur le plateau de l'encre, vous voyez quelques gouttes d'eau qui sortent du plateau. Ça, c'est le commencement de la scène. Mais c'est pas l'origine de la scène. L'origine, elle est sous le plateau de l'encre et vous ne la voyez pas.
Et bien souvent, quand on fait l'histoire d'un phénomène, d'un événement, on a un peu tendance à s'arrêter à ce qui est visible et ne pas voir ce qui précède. Alors vous savez, la cyber-sécurité, peut-être qu'elle commence avec des gens comme Turing, mais ça s'appelle pas encore comme cela. Mais déjà, le raisonnement, la pensée est déjà installée. Moi, je fais relever la cyber-sécurité de Jacques Godefranc. Jacques Godefranc qui a été ministre, mais qui a été député et qui, en 86, a proposé une loi complètement révolutionnaire qui imposait des sanctions à toute personne qui pénétrait formuleusement, qui se maintenait formuleusement, qui entravait, qui modifiait les données d'un ordinateur, qui en sortait les données en 88.
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Il faut se souvenir de ce qu'était la France numérique à l'époque. Nous étions, nous, sur Minitel, puisqu'on avait évacué, hélas, Louis Poussin avec son réseau cyclable. Donc en 88, celui qui sort une loi comme celle-là, mais il est avant-gardiste. C'est-à-dire que cette loi aujourd'hui, on l'utilise de plus en plus. Donc voilà, on va dire 88. Et puis, il faut rappeler aussi que la France, comme je vous l'ai dit, n'a pas abordé le virage d'Internet avant 1997. C'est en 1997 que Léonel Jospin, à Hourtin, a dit, il est temps de revenir. Et donc on a internetisé le Minitel pour tout doucement faire une descente.
Je me rappelle, 97, c'est l'année de la création de Google. Et à l'époque, il n'y a pas encore de réseaux sociaux. Les réseaux sociaux vont arriver vers 2004, 2005, 2006, etc., tous ceux qu'on connaît, enfin les plus populaires. Donc vous voyez que 2001, ça va être la convention de Budapest où les pays du Conseil de l'Europe, pas de l'Union, mais du Conseil d'Europe vont se rassembler pour sortir justement un texte, parce que ce texte, il va falloir mettre en œuvre un certain nombre de mesures de coopération internationale. Et tout ça, c'est complètement dans la continuité de la loi Godfrey, parce que les questions qui sont posées dans la convention de Budapest en 2001 sont exactement... Les réponses dans ces questions correspondent exactement aux problématiques soulevées par Godfrey.
Donc voilà, 2001, 2002, 2004, c'est le rapport que Jérôme Breton rend avec moi. Et donc, je crois que là, on a rendu un homme qui n'est absolument pas porté sur les questions technologiques, mais qui est plutôt passionné de la poésie. Alors, vous voyez que la poésie dans l'espace numérique, c'est pas forcément quelque chose... Il y a des accords entre les 0 et les 1, mais pas entre les rimes riches. Voilà. Donc c'était Dominique de Villepin. Et à Dominique de Villepin, on lui a mis un rapport en janvier 2005 près de Prézi. On lui a dit, écoutez, tout ce qui est important n'est pas dans le rapport, parce que comme on savait qu'il voulait le donner, faire le communiquer à la presse, on s'est dit, il y a des choses qu'on peut pas dire, notamment sur l'État, du risque pour les systèmes d'information les plus sophistiqués et les plus stratégiques pour l'État. Et c'est là où Dominique de Villepin, quand il est devenu premier ministre, il a donné à un député, Pierre Lasseborde, une mission, et ce député a rendu une mission, justement, sur la sécurité des systèmes d'information les plus sensibles, ceux de l'État.
Et j'ai tendance à dire que c'est à partir de ce moment-là, avec le rapport Lasseborde... Peut-être que nous, on avait un peu éveillé, mais c'est surtout le rapport Lasseborde de 2006 qui a été un peu le déclencheur d'une réflexion avec aussi un travail qui a été fait par le Sénat en 2007 sur la cyberdéfense. Et il faut aussi savoir que le candidat à la présidente de la République, Nicolas Sarkozy, avait été... avait un groupe qui réfléchissait, et je sais que ce groupe a beaucoup travaillé sur les questions numériques. Ce qui fait que même si c'est pas du tout dans la tasse de thé de Nicolas Sarkozy de parler de numérique et de cyber, dans sa campagne, dans son programme, il y avait du numérique. Et on ne sera pas étonné qu'en 2008, lorsque le livre blanc sur la défense et la sécurité nationale est sorti, il y a eu une partie importante concernant la cyberdéfense. Et on ne sera pas étonné qu'à partir de 2009, on a vu la création de l'Agence nationale pour la sécurité des systèmes d'information.
Que demandait Pierre Lassement dans son rapport en 2006 ? Donc vous voyez, 2006-2009, c'est vraiment une période où les choses ont commencé vraiment à se mettre en place. Et après, on a eu, avec François Fillon, une stratégie en 2011. On a eu après, en 2015, avec Manuel Valls, une autre stratégie qui était peut-être plus large que celle de François Fillon, qui était plus tournée sur les questions de cyberdéfense au sens autrique, alors que là, on était plus dans une stratégie sur le numérique en général. Et donc voilà. Si vous voulez comment, à partir de 2015, bien sûr, tout ça, ça évolue. Et on voit régulièrement de nouveaux textes, de nouvelles choses. Et puis on voit monter en puissance un certain nombre d'organisations qui prennent en compte d'une manière sectorielle ou d'une manière générale les questions concernant la cybersécurité, avec aussi un point qui est important, c'est une cybersécurité qui va progressivement s'élargir.
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Parce qu'au tout début, quand on prend les cybersécurités, les gens avaient un peu tendance à ne parler qu'on va dire de la couche logique, assez peu de hardware. Mais la couche logique, c'est le hacker, celui qui pénètre le système. Et en fait, aujourd'hui, on se rend compte que la cybersécurité, ça concerne la couche physique. Il n'est pas la peine de faire du hacking si vous coupez un câble sous-marin. Bon. Si vous incendiez un data center. Si vous faites une attaque sur les modems de Cassatt, remplacé par Starlink le moment où... Oui, ça... Personne n'y pense. Si vous coupez le courant.
Si vous coupez le courant, il n'y a plus. Bon. Donc il y a la couche physique. On en parle de plus en plus. Il y a la couche logique, la couche des protocoles. Et ça, aussi, les attaques sur les couches des protocoles. Quand vous faites, par exemple, une attaque sur un serveur DNS en injectant une fausse adresse IP pour un serveur qui est souvent sollicité par des internautes, vous voyez à peu près les trop-pris qu'on peut... Et puis il y a toute la partie cognitive. C'est-à-dire en fait la couche du contenu avec les réseaux sociaux, avec le web. On voit bien qu'Internet diffuse de l'information, de l'information juste, de l'information, du fake, vous voyez. Donc le champ de la cyber-sécurité s'est élargi. Donc on voit bien qu'après, vont rentrer des acteurs.
Ils ne sont pas forcément des acteurs, on va dire, historiques. Mais par exemple, quand je vois aujourd'hui les associations qui travaillent sur la lutte contre la pédopornographie sur Internet, il y a 25 ans, on n'en parlait pratiquement pas. – Vous êtes désolé. – Le mi-tel rose, ça fait... Bon, on sourit à tout le monde. Mais là aujourd'hui, c'est une vraie question. Et c'est une vraie question. Et les purés disent que non, ce n'est pas de la cyber-sécurité. Moi, je dis que c'est de la cyber-sécurité. La cyber-sécurité, c'est tout ce qui concerne ce qui est à la fois l'émetteur, le récepteur et le contenu, les flux. Vous voyez ? Voilà. Donc pour résumer un petit peu ce que je vous ai dit, je crois que aujourd'hui, c'est peut-être un peu plus compliqué, d'ailleurs, d'écrire l'histoire contemporaine, parce qu'il y a énormément d'acteurs qui rentrent en ligne de compte. Et en revanche, les origines, vraiment, le tout comme premier commencement, c'est peut-être un peu plus facile. Et je pense que c'est important, parce que, vous voyez, quand je lis beaucoup d'ouvrages sur l'histoire de la cyber-sécurité, pardon, je ne vois pas. On voit parfois Godfrey. On ne voit pas Pierre Lassbord. Or, pour moi... Enfin, c'est une injustice historique, oui, parce qu'il faut les replacer dans le dispositif en disant... Ben, s'il n'avait pas fait ce travail... Et alors, peut-être que... Encore que Thierry Breton avait l'oreille de Miguel Villepin.
Mais peut-être que la qualité parlementaire de Pierre Lassbord lui donnait, si vous voulez, un poids politique qui jouait vis-à-vis beaucoup d'autres acteurs, on va dire, gouvernementaux. Voilà. — Non, mais c'est bien que vous remettez en place la genèse, en fait, aussi politique, parce que sans les politiques, on n'aurait pas pu avancer de toute manière sur les aspects de cyber-sécurité, de cyber-défense, notamment. Et c'est vrai qu'aujourd'hui, sur ce podcast, on aura des profils différents. On a des profils qui vont parler plutôt de cyber-défense, ce que sont des profils, à la base, qui ont travaillé pour le ministère des Armées, etc.
Des profils plus juristes, des profils plus techniques qui vont vous parler de hacking, etc. Et là, c'est très bien. C'est vraiment la première fois où on intègre vraiment cette historique, je dirais, de droit. Eh ben, dans tout ça... Alors maintenant, on va parler du FIC. Comment ça vous est venu à l'idée le FIC ? — Alors justement... — Vous nous présentez déjà ce que c'est et comment ça arrive ? — J'anime le groupe de travail qui était placé sous l'autorité de Thierry Breton. Et au fur et à mesure que l'on avançait dans les travaux, j'arrivais à un constat qu'était, ce qu'il dit, l'État a un devoir considérable, mais il ne peut rien tout seul.
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Le secteur privé a des pouvoirs importants, mais il ne peut rien tout seul. Aux conséquences, on ne pourra jamais résoudre le problème de la cybercriminalité, cybersecurity, si on ne fait pas une sainte alliance entre le public et le privé. Or, déjà, à l'époque, quand j'enseignais à l'université, j'expliquais à mes étudiants qu'on était dans une fiction entretenue, malheureusement, depuis des décennies, qui consistait à dire... Il y a le public. C'est propre, c'est net. C'est pas le business, c'est pas l'argent. Il y a le privé. Vous savez, l'intérêt général, ils ne servent pas trop ce que c'est. Eux, c'est l'argent, l'argent, l'argent.
Donc surtout, on se sépare bien, on ne se touche pas, on ne se parle pas. Comme ça, au moins, on restera nous, les propres, on restera les saints laïques de l'intérêt général. Donc pour moi, ça ne pouvait pas tenir. Et si vous voulez, quand je suis arrivé après mon passage au cabinet, j'étais... On m'a donné la responsabilité, vous pouvez dire, de toutes les Hauts-de-France d'aujourd'hui. Bon. Et là, vous savez, il y a deux manières de prendre les cartes. Vous prenez la carte telle qu'on l'enseigne à l'école, le plénisphère, où la France est au centre du monde. Puis alors, vous prenez les cartes, puis vous les retournez dans tous les centres, de sorte que vous oubliez l'image que vous avez traditionnellement. Et là, vous prenez la carte de la France, vous la retournez, et vous regardez.
Et vous dites, l'île, une heure de Londres. L'île, moins d'une heure de Bruxelles. L'île, une heure de Paris. L'île, une grosse heure de la haine. On est quelque part à l'île, au centre d'Europe. Bon. Et à ce moment-là, comme je voulais justement faire un peu de partage, j'avais commencé à rassembler des chefs d'entreprise. Alors disons, est-ce que partager une soirée, on va faire une petite exposée, on part là, puis on boit un verre ensemble, est-ce que ça vous intéresserait qu'on parle justement... J'avais tout mon background du rapport breton. Et donc, la première fois, j'ai peut-être une trentaine de personnes.
Et quand la soirée est terminée, ils m'ont dit, c'est bien, mais il serait bien qu'on refasse une autre fois. J'ai dit que pas de problème, on va refaire une autre fois. Et l'autre fois, on était 50. Ah ben c'est bien, mais il faut refaire une autre fois. L'autre fois, on était 100. À tel point, c'est qu'il n'y avait plus la place, moi, pour accueillir plus de 100 personnes. Donc, je monte une opération en 2005 avec l'université de Villeneuve-D'Azk. Et ma grande opération, où il y avait prévu 200 personnes, a lieu pendant la crise des universités.
Et donc, j'ai drapeau rouge et drapeau noir. Camarade, pas question que le grand capital connaissait le truc. J'en ai écouté les enfants, vous êtes gentils. Mais moi, j'ai connu le mai 68. J'étais au quartier Latin. Alors, vos méthodes, les méthodes du rigolo, je pourrais vous en parler. Bon, alors ça les a soufflés. J'ai écouté "Installez-vous, écoutez". Et alors ils se sont installés, ils ont écouté. Et à la fin, ils m'ont dit que c'était passionnant, c'était génial. Donc, je les ai invités à boire le pot avec un drapeau rouge et un drapeau noir. Et je me suis dit quand même, bon, c'est bien, mais maintenant, on arrive à une taille qui devient ingérable sur des salles classiques.
À ce moment-là, il y avait un appel de l'Union européenne, un appel d'offre en quelque sorte. Si vous montez des opérations qui associent trois États membres et des futurs États membres de l'Union européenne sur une thématique, on peut éventuellement financer à hauteur de 80%. Il faut savoir qu'à un moment donné, à la Commission, il y avait Jacques Barreau, le père de Jean-Noël Barreau. Et Jacques Barreau, que j'avais rencontré – ça avait duré, mais quand je dis très peu de temps, ça a duré le temps – mais en quelques minutes, il m'a écouté, il m'a dit « votre affaire, je l'appuie ».
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Et c'est comme ça que pendant quatre ans, j'ai lancé le forum avec l'aide de l'Union européenne, en associant les Belges, en associant les Pays-Bas, en associant les Britanniques, qui à l'époque, étaient dans l'Union européenne. Et puis on avait eu des Roumains, on avait eu des Bulgars, enfin, les 3-4 personnes de chaque pays. J'espère de montrer qu'on était bien ouvert. Et donc c'est comme ça que le forum est parti. Et la première année, on était 500. — Et c'était quelle année, précisément ? — Alors c'est 2007. En 2007, on était 500. En 2008, on était 850. En 2009, on était 1300. Et en 2010, on était 2100. Voilà.
Donc ça vous donne une petite idée de la progression et de l'intérêt que commençait à avoir ce forum. Il y avait un certain nombre de personnes qui, au début, le regardaient, si vous voulez, un peu comme ma danseuse. Vous voyez ce que je veux dire ? Bon, je suis quelqu'un qui est réputé pour être quelqu'un qui a une idée par une tranche de deux heures et une des nouvelles. Donc il se dit, pendant qu'il s'occupe de ça, nous, on peut souffler un peu, parce qu'à chaque fois, il faut répondre. Mais pourquoi il a proposé ça ? Bon. Donc il y avait un grand soulagement chez ceux qui ont vu que, finalement, mes forces vives étaient engagées dans ce forum.
C'est vrai qu'au bout de deux ans, alors qu'on était à la cité des entreprises, à Marc-Ambarel, à côté de l'île, le responsable m'a dit qu'on ne peut plus accepter une croissance telle qu'on l'a connue pour des raisons de sécurité. On ne peut plus absorber. Donc c'est comme ça qu'on est parti à Grand Palais. Voilà. Et c'est comme ça que, depuis maintenant 2011, nous sommes à l'île Grand Palais. Ça fait bientôt 15, 14 ou 15 ans. Ça n'est pas comme on calcule les choses. Et le forum a aussi, comment dirais-je, un peu changé quand l'Union européenne a dit... Écoutez, c'est gentil. Jacques Barrault était parti.
Donc les personnes qui ont succédé à Jacques Barrault d'avoir partagé son portefeuille... Donc c'est un peu la guerre entre deux personnes. On dit au moins qu'on va faire autre chose. Donc on ne vous subventionne plus. C'est comme ça qu'on est parti sur un autre modèle, un modèle avec un opérateur, en quelque sorte, et donc avec surtout un financement grâce à des partenaires. Donc c'est des opérations avec des partenaires, parce que sinon, l'État ne serait pas capable aujourd'hui, encore moins, c'est le dernier, de supporter l'organisation d'un tel forum.
— Ah ça, c'est important que nos auditeurs le comprennent aussi, que des forums, ça s'organise, énormément d'organisations, mais aussi ça subventionne. C'est un peu comme les associations. Il y a plusieurs modèles. Et effectivement, du coup, vous avez contribué, grâce à ce modèle-là aussi, au paysage cyber-français, puisque l'État tout seul ne pourrait jamais le faire. Et aujourd'hui, le FIX, c'est combien de personnes dans 2025, par exemple ? — Ah bah l'an dernier, c'était 18 200 personnes présentes, plus à peu près 4-5 000 en visioconférence. Donc on n'était pas très loin des 25 000 personnes.
Et c'est vrai que chaque année, le chiffre a plutôt tendance à augmenter, parce que chaque année, on le voit même rien que pour les contenus. Comme je vous le disais, que la cyber-sécurité, les choses qui s'élargissent, moi, je vois qu'aujourd'hui, par exemple, quand vous prenez l'intelligence artificielle et les deepfakes, les deepfakes, il y en a qui sont marrants, parce que tout le monde dit "ceci est un deepfake, c'est pour rire", comme on dit, puis il y en a d'autres, c'est pas fait du tout pour rire. Mais ça, c'est quand même nouveau, parce que l'intelligence artificielle le rend possible. Et pour lutter contre ces systèmes-là, on voit se développer aujourd'hui des entreprises nouvelles, impensables, il y a 15 ans ou 20 ans, qui travaillent sur la détection des contenus générés par de l'IA, des textes issus d'IA, de photos truquées, mélangées, vous voyez ?
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Donc en fait, ça vous montre bien qu'en même temps que les problèmes sont en train d'évoluer, les technologies qui sont nécessaires pour assurer la cyber-sécurité, et donc par derrière les entreprises, eh bien, évoluent aussi. Et le potentiel s'élargit. La cyber-sécurité évolue, ou du moins le FIC va évoluer, et les entreprises partenaires vont évoluer. Par rapport aux pays étrangers, est-ce que vous avez des données ? Le FIC, je crois que c'est le plus gros forum européen, il me semble. Oui, c'est le plus gros forum européen sur la cyber-sécurité.
Évidemment, vous ne pouvez pas comparer avec le CVS de Las Vegas. C'est une autre chose. Mais sur la cyber-sécurité, c'est devenu l'événement européen. D'ailleurs, l'Europe sera bien présente avec des commissaires européens, avec un stand de l'Union européenne, avec Europol. Donc là, je crois que maintenant, pour l'Union européenne, les choses sont bien calées. Et tous les ans, on les voit venir des parlementaires européens. Voilà. Donc pour moi, c'est devenu l'événement européen de référence que l'on essaye de dupliquer au Canada, à Ottawa, au mois de décembre prochain, et puis au Japon, à Tokyo, également au mois de décembre prochain.
Et puis on descend même dans la profondeur du territoire, puisque cette année, en 2025, nous avons créé un forum inséberte du creusot. Creusot, parce que c'est un territoire de réindustrialisation et un territoire sur lequel, justement, on réfléchit collectivement et de manière collective et collaborative sur les questions de cyber-sécurité, collectivité territoriale, entreprise. Et oui, c'est une réplique, mais appliquée sur un territoire, de ce qu'est le forum pour un aspect européen. Donc vous voyez, c'est comment, finalement, on s'intéresse à l'impact sur un territoire où les gens se connaissent et peuvent construire ensemble une cyber-sécurité solidaire. Voilà.
— Oui, de manière fédérale. Pas Jacobine, tout à Paris. — Et puis ça part du bas, et ça remonte en haut. Et non pas la verse. — Exactement. — Parce que le numérique nous amène à réfléchir en replaçant le citoyen au cœur du dispositif et partant du citoyen. C'est-à-dire pour que le citoyen soit vraiment libre et épanoui, qu'est-ce qu'il nous faut au-dessus ? Et ainsi de suite. Vous voyez que vous remontez aux personnes morales, vous remontez à l'État, vous remontez à l'Europe, puis même, peut-être, se poser la question aujourd'hui, est-ce qu'il faut faire des alliances extra-européennes pour éviter le piège soit du tout américain, soit du tout chinois ? Voilà.
— Là, bon, c'est énorme. C'est combien de personnes pour gérer un événement pareil ? Et puis les autres événements, enfin, je veux dire, l'inciber mondial ? — Oui. Alors c'est plus d'une vingtaine de personnes. Mais c'est assez... Le chiffre est à géométrie variable, parce que vous avez des personnes qui nous rejoignent deux mois, trois mois avant le forum. Ce sont souvent, par exemple, des gens qui viennent en stage, dans le cas de... Ou parfois les alternants. Et puis, vous avez des gens, par exemple, au Canada, qui sont un peu nos avant-gardes sur place et nos ambassadeurs, en quelque sorte.
Et donc c'est pas au chicham que ça, vous savez, de... Comme on dit, on écrit en temps plein de dire c'est tant de personnes, parce que c'est variable dans l'année. Et le forum, il vit toute année. Parce que vous avez un média qui est Inciber News. Vous avez des petits déjeuners qui ont lieu tous les mois. Vous avez parfois ce qu'on appelle l'Agora, qui est un matinée thématique qui débouche, en général, sur une publication, sur quelque chose. Donc voilà. On est vraiment dans quelque chose qui vit toute l'année, mais avec des intensités différentes. Voilà.
— Oui. Très bien. Et est-ce que vous avez eu... Vous avez peut-être une anecdote sur le FIC en tant que tel, quelque chose qui vous aurait peut-être ralenti, ou quelque chose de drôle ? Enfin, j'imagine qu'il y a plein d'histoires à raconter. Mais s'il y en avait une seule, ce serait laquelle ? — Non, mais le drôle... Je veux pas être méchant, donc je ne donnerai pas de nom. Mais pour vous donner une idée, justement, du problème, c'est parmi les politiques, vous avez des gens qui n'y comprennent rien. Mais je pense que c'est important. Vous voyez ? Donc déjà, quand vous avez cette posture chez un politique, on a fait un grand pas d'avant, parce qu'il ne va pas empêcher. Il va au contraire dire, ben oui, très bien, continuez. Moi, je ne comprends pas ce que vous racontez, mais je pense que vous avez raison. Alors ça, c'est important. Et puis vous en avez d'autres qui disent, je ne comprends rien, c'est pas pour moi ma tasse de thé, puis c'est pas l'urgence... Et alors, au Forum, régulièrement, nous avons des ministres qui viennent s'exprimer. Et au tout début, hein, c'est dans les premiers... Un ministre, je ne donnerai pas son nom, vraiment à contre-coeur, vient pour faire un discours au Forum, mais vraiment à contre-coeur.
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Et son discours écrit était insipide, enfin sans intérêt, vous voyez ? Alors qu'on attend un ministre, ce que je crois, voilà ce qu'on va faire, voilà comment on va le faire, comment on va le faire ensemble, un truc un peu punchy. Je sais qu'il vient vraiment à contre-coeur. Et puis, le matin du jour où il vient au Forum, il est à la gare du Nord pour prendre le train. Et là, il apprend qu'un agent de la SNCF avait été un peu agressé, mais pas agressé comme on le voit aujourd'hui, agressé comme on le faisait dans les années 2000, au début, vous voyez ? Un peu pris à partie. Et à l'époque, rien que ça, ça suffisait pour créer de l'émotion.
Oh ! Mais la sécurité des ferroviaires fait aussi partie de mes attributions. Donc, il a dit, je ne viens plus à l'île, je vais les réconforter. (Rires) Et c'est le préfet qui va lire mon texte. Et alors là, on a eu le texte anonné par un préfet qui lui-même n'y comprenait rien. Et je me suis dit, là, là, honnêtement, il y a un vrai problème. Il va falloir que j'alphabétise nos hommes et nos femmes politiques. Voilà. (Rires) Mais bon. Il y a prescription, comme on dit. On n'en parlera pas. J'imagine que ça doit faire bizarre, un matin, d'apprendre que le programme va changer, et puis tout le monde l'attendait.
Ah ben ça, ça fait partie des choses. Quand vous montez une opération avec des politiques, vous êtes à la merci de la convocation à l'Élysée pour un conseil de défense, pour l'événement qui fait que le politique... Ça, on le comprend. Et on jongle avec ça. On jongle. L'organisation du forum tient compte justement de ces particularités qui ne sont pas, là, un refus d'obstacles, comme on dit, comme je l'ai parlé, mais qui sont plutôt liées aux aléas de la vie politique. Voilà. — Très bien. Marc, peut-être... Vous en avez déjà parlé avec la lutte informationnelle, etc. C'est quoi pour vous l'avenir du FIC et de la cybersécurité, je dirais même, en général ? Comment vous la voyez dans 10, 15 ans ?
— Alors moi, je pense que c'est un peu comme le problème du nez nuffar. Vous voyez ? Le nuffar, au début, on le voit au milieu de la piscine. On dit ça, c'est la cybersécurité. Et puis, tous les jours, il est rempli davantage la piscine. Et en 2007, le premier thème du forum, c'était la cybercréméité, la cybercréméité du XXIe siècle. En 2023, le ministre d'Intérieur à l'Assemblée nationale a dit que la cybercréméité, c'est la cybercréméité du XXIe siècle. Je ne lui ai pas demandé de droit d'auteur. Mais je me suis dit quand même, 2007-2023, ça fait 16 ans, un ministre l'aurait dit en 2007 ou 2008, j'aurais bien aimé, parce qu'au moins, on aurait gagné du temps. Enfin bon, pas mal. Là, aujourd'hui, tout le monde est convaincu que les choses vont dans le sens de l'accroissement.
Et quand vous avez des magistrats qui disent, on va vers un tsunami judiciaire, c'est exactement ce qu'on annonce, nous, en 2007, en disant que tous les phénomènes criminels vont glisser du monde réel, à part l'imbécile, l'insuffisant du QI, qui continue à tabasser sa femme, sa compagne, ou qui continue à arracher un collier dans le métro, mais le reste va devenir de plus en plus des contentieux chibères. Parce qu'une personne indéligente fait une attaque chibère qui rapporte beaucoup d'argent, et surtout qui est très difficile à mettre en évidence et à contrer par des magistrats, des policiers et des gendarmes. Donc, si vous êtes intelligents, vous ne faites pas le crédit agricole du coin. Là, vous irez aux assises où vous serez en réclusion criminelle. Pour combien ? Pour quelle somme ?
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Il n'y a plus d'argent dans les banques, plus d'argent fiduciaire, plus de monnaie fiduciaire, ou très peu. Donc en fait, de plus en plus, les gens vont... Donc on va vraiment là, vers la question fondamentale. Et je le dis, si on est capable, nous, d'adapter nos capacités, nos process, nos modes d'action, nos organisations par rapport à cet enjeu, alors oui, là, on va gagner la bataille. Si on ne le fait pas... Moi, je vais vous dire une chose. Si on ne le fait pas, l'État ne donne pas 20 ans à l'État. Bah 20 ans à l'État. Parce que s'il ne le fait pas, c'est sa légitimité qui est en cause.
Et on peut demander au secteur privé, c'est ce que font les Américains en ce moment. Je le regrette. Mais ils demandent au Big Tech de prendre en compte la cybersécurité. Trump a complètement démoli tout son système de cybersécurité. Pourquoi ? Parce qu'en disant, c'est le privé qui va le prendre. Ça, c'est une catastrophe. Ça veut dire qu'aujourd'hui, si on veut être capable d'absorber les problèmes de demain, il faut dès à présent se mettre en posture, changer les modes d'organisation, changer le recrutement, la formation. Parce que le policier, le gendarme, le magistrat de demain, ce n'est pas celui d'aujourd'hui. Oui ? Tout ça, ça me paraît devoir être une urgence absolue.
Et le forum, il sera finalement le reflet de cette évolution. Et comme je vous l'ai dit, le reflet, quand je prends les premiers forums et que je prends le contenu du prochain, on voit bien cet élargissement de la cybersécurité. Je ne vous ferai pas de publicité non pas mensongère, mais clandestine. Mais avec des universitaires, des avocats... On a publié depuis maintenant 2022 le code de la cybersécurité dans une grande maison d'édition, des codes juridiques. Bon. Petit livre rouge, est-ce que je vais dire ? Bon. On l'a vu passer sur les réseaux. Ne vous inquiétez pas. Le premier faisait à peu près 1000 pages. Celui que nous venons de sortir cette année, il fait plus de 1500 pages.
Ça veut dire qu'en fait, ils sont rentrés dans ce code non seulement des normes européennes voulues par la France, d'ailleurs, hein, des normes européennes, mais aussi un enrichissement du corpus législatif pénal, du corpus, on va dire, administratif à tous ceux qui tournent autour de la cybersécurité. Et ça vous montre bien que si on continue ce code, il va peut-être falloir le découper en tomes ou avoir des codes spécifiques pour telle partie, telle partie, telle partie, tant les nés du char vont recouvrir la piscine. Il y a qu'en fait, on ne pourra pas demain imaginer, comment on dirait, un ensemble d'actions commerciales, intellectuelles, culturelles, sans avoir la dimension cyber dans la tête. Voilà. Ça me paraît totalement évident. Ça veut dire qu'il va falloir aussi changer toute la formation. Moi, j'enseigne.
Et j'avoue que parfois, je suis très inquiet de voir que si les efforts ont été accomplis au niveau de l'enseignement supérieur, la recherche, l'éducation nationale, on est loin des exigences de demain. Parce que là, aujourd'hui, quand on forme des étudiants, on ne les forme pas pour travailler demain matin. On les forme pour dire dans... Qu'est-ce que vous ferez ? Qu'est-ce que vous êtes capable de faire en 2035 ? 2035, pour moi, c'est une année qui a été introduite par les Américains dans leur loi, la loi Biden, qui n'a pas été détruite par son successeur. Mais disons par exemple qu'en 2035, on sait que leur formatique quantique sera arrivée à un tel niveau qu'il faudra que tous les textes soient chiffrés avec un chiffrement qui résiste aux attaques quantiques. Et ça, ça veut dire qu'aujourd'hui, il faut qu'on travaille... On prépare des jeunes aux questions de chiffrement, chiffrement postquantique. Il faut qu'on se dise dans 2035 où on sera-t-on en matière d'intelligence artificielle, où on sera-t-on dans le domaine des réseaux, etc., et comment se... Comment se reformer les gens aujourd'hui ? Quand vous avez des diplômes d'État qui sont livrés sans qu'on parle une seule fois, une seule heure durant des questions de numérique et de cyber, je vous dis, c'est criminel. C'est criminel. Donc voyez que pour moi, le futur, c'est un futur qui sera, pour une organisation comme le Forum, radieux parce que...
C'est pas le boulot qui va manquer. Et c'est pas la matière qui va manquer. Et il va falloir qu'on pousse les murs. Il va falloir qu'à Lille, ils construisent un deuxième palais à côté pour pouvoir absorber l'ensemble de la matière. — Ouais. C'est possible, ça, que vous pensez qu'il n'y ait plus de place sur le... — Oh, il y a toujours des possibilités d'optimiser l'espace, hein.
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— Puis il y a toujours la possibilité. Alors, quoi que... Vous savez, sur trois jours, hein, c'est très épuisant, parce que si c'est qu'un salon... Un salon, le salon, c'est dur pour les gens, mais là, vous avez le salon, vous avez les démonstrations, vous avez les masterclass, vous avez les ateliers, vous avez les plénières... Donc il y a... C'est en fait un forum qui est extrêmement complet. Vous trouverez ici des salons avec des technologies qu'on montre. Ailleurs, vous aurez des colocs. Mais avoir l'ensemble des activités en même temps, je crois que c'est ça qui fait l'originalité du forum. Et voilà. C'est...
— Eh ben, Marc, je voulais tout d'abord vous remercier. — Mais c'est un plaisir pour moi. — Franchement, d'être venu ici... — Et de rétablir parfois des vérités, parce que... — Voilà. — Il y a des personnes qui méritent d'être citées et qu'on oublie parfois, voilà. — Avec franchise, avec vérité... Moi, j'ai appris plein de choses. Je pense que ça va plaire à beaucoup de personnes de la communauté de comprendre ce que c'est le FIC et que ce n'est pas qu'un salon, comme vous le dites, et tous les enjeux derrière. Aussi un petit coup de pouce sur l'historique politique. Ça, ça fait pas de mal de comprendre comment tout ça est arrivé. Et puis aussi la contribution à la communauté, parce qu'on voit bien que derrière ce que vous avez fait, il y a aussi de la passion. Il y a beaucoup d'idées. Et c'est grâce à des gens comme vous, aujourd'hui, qu'on arrive à avoir cocorico, je dirais même au niveau européen, des choses au moins qui avancent.
Et pardonnez-moi si j'ajoute juste une chose. Il y a un personnage qu'il faut absolument citer, et peut-être que les militaires en parleront. C'est Jean-Yves Le Drian. Jean-Yves Le Drian a été un personnage essentiel dans le décollage de la cyber-sécurité, notamment dans le domaine de la cyberdéfense, qui est une des composantes de la cyber-sécurité. Et si on ne cite pas Jean-Yves Le Drian, on se trompe. C'était pas un ministère Le Drian, c'était un magistère Le Drian sur le plan du numérique. C'est entendu. Et s'il nous écoute, qui sait ? J'espère que je pourrai l'interviewer un jour. Je sais qu'il est en Bretagne, donc je l'ai déjà croisé.
J'hésiterai pas à lui passer le mot pour justement qu'il nous parle de ses travaux. Et tout le monde dans la cyber-sécurité, c'est évidemment qui est Jean-Yves Le Drian. Merci Marc. Merci beaucoup. Merci également.